Notre enquêteVoilà une maison comme on les imagine à la lecture de certains romans proustiens, postée au bout d'une longue allée bordée d'arbres, tout en décrochements de toits et colombages. Le vrai manoir normand, jamais austère grâce aux bois peints, au torchis chaulé de blanc. Même par temps de pluie il reste gai, un peu mystérieux d'un côté, à l'ombre du nord, et presque imposant de l'autre, vers le soleil. À peine passé le porche puis la porte d'entrée, on sent le temps s'effriter... Est-ce parce que l'on est ici dans la demeure de M. Swann ? Probablement un peu, car toute l'atmosphère de la maison rappelle cet univers de culture, de raffinement. Dans le salon où Mme Gherrak sert le petit déjeuner, une fresque chevaleresque début xixe parcourt les boiseries des murs, souligne les poutres peintes et donne à rêver. À l'étage, les chambres offrent un subtil mélange d'histoire et d'espace, d'âme et de sérénité, avec des salles de bains confortables, une table pour écrire, quelques fauteuils pour paresser. Pas de baignoire Jacuzzi, de douche hydromassante : les équipements restent simples, pas toujours des plus neufs, mais ici l'intérêt est ailleurs. On vient se ressourcer, caresser les chevaux de la propriété et s'enquérir des villages à visiter. La campagne est sublime, exubérante au printemps, avec ses prés gorgés de pommiers en fleurs.